Freiner les idées négatives avant le développement d’une dépression : nouvelle application d’un outil clinique connu

Screening measure for early detection of depressive symptoms: the depressive cognition scale / Zauszniewski JA, et al. — West J Nurs Res, 2012 Mar;34(2):230-44. Epub 2011 Jan 31.

De nouvelles études suggèrent que freiner le plus rapidement possible les idées négatives permettrait à des millions de personnes de ne pas développer une dépression sévère.

La clé serait dans l’identification du processus de la pensée négative avant qu’elle ne devienne fixée chez un individu.  Pour arriver à cette identification, des chercheurs ont développé une échelle brève d’évaluation permettant aux praticiens de mesurer les modèles de pensées dépressives qui peuvent conduire à une dépression plus sérieuse.

Dre Jaclene Zauszniewski de la Case Western Reserve University a développé un questionnaire en 8 questions (Depression Cognition Scale) (DCS) qui consiste à obtenir les réponses d’une personne à risque et de l’évaluer en rapport à :

  1. son sentiment d’impuissance
  2. son sentiment au niveau du désespoir
  3. son sentiment au niveau de son but dans la vie
  4. son sentiment face à  son utilité
  5. son sentiment d’impuissance
  6. son sentiment lié à la solitude
  7. son sentiment de vide
  8. sa capacité à trouver un sens à sa vie

Une échelle de gradation permet à la personne d’indiquer si pour chacune des questions elle est fortement en accord ou fortement en désaccord avec les affirmations.

L’échelle DCS, développée par Dre Zauszniewski en 1995, est déjà couramment utilisée efficacement pour détecter les symptômes dépressifs importants, mais les chercheurs voulaient pousser plus loin l’utilisation de cette échelle et s’en servir pour déterminer le point où les pensées négatives s’établissent dans un modèle de dépression clinique.

On peut rappeler que cette échelle est basée sur les travaux de Erik Erikson sur les huit étapes permettant le développement psychosocial d’une personne.

Les chercheurs ont étudié cet outil sur 629 adultes en santé, âgés de 21 à 84 ans dont 70% étaient des femmes, de 42 états américains.  Les participants devaient répondre au questionnaire via l’internet.

Les chercheurs ont ensuite comparé les résultats obtenus avec le CES-D (Center for Epidemiologic Studies Depression Scale) qui est reconnu comme étant un « gold standard » dans la mesure d’identification clinique des symptômes de dépression.  Leur but était de déterminer le point de coupure sur l’échelle du DCS qui représente le mieux le score à partir duquel un individu peut encore bénéficier d’un changement au niveau de sa manière de penser, ce qui pourrait permettre de modifier à temps les schèmes de pensées de négatives à positives.  Les résultats démontrent aussi que ce point de coupure de l’échelle DCS, évalué à 7, différencie correctement les personnes avec ou sans symptômes dépressifs cliniques, tel que déterminé par l’échelle CES-D.  

Dre Zauszniewski indique que les cliniciens ont besoin de lignes directrices pour leur permettre de mesurer à quel moment les idées négatives atteignent un point névralgique avant que la spirale de la dépression ne s’installe et ainsi pouvoir la prévenir.  [Trad. libre :jb]

[Source :  Psycentral.com et PubMed]

Pour voir l’article original [en anglais], veuillez demander l’article no.  70 – disponible via le Centre d’apprentissage, uniquement pour les employés du CSSSSL

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