Patients cancéreux: le dépistage de la dépression causerait plus de tort que de bien

Depression Screening and Patient Outcomes in Cancer: A Systematic Review / Meijer A, Roseman M, Milette K, Coyne JC, Stefanek ME, et al. — PLoS ONE 2011;6(11): e27181.

Le dépistage de la dépression chez les individus atteints d’un cancer n’aurait pas les avantages qu’on lui prête. Il pourrait même causer plus de tort que de bien, soutient Brett Thombs, de l’Institut Lady Davis de l’Hôpital général juif de Montréal et professeur en psychiatrie à l’Université McGill, dans une étude publiée par la revue PloS ONE.

La dépression est présente chez 10% des individus qui souffrent d’un cancer. C’est le double du taux observé dans la population. Depuis quelques années, on recommande aux professionnels de la santé de dépister la dépression chez ces patients au moyen d’un questionnaire standard afin de déterminer ceux qui pourraient profiter d’un traitement.

Mais ce dépistage améliore-t-il le bien-être des patients concernés? Une équipe de chercheurs provenant du Canada, des États-Unis et du Pays-Bas, dirigée par le professeur Thombs a analysé plus de 4000 articles et une vingtaine d’études publiés sur le sujet.  Aucun des essais cliniques n’a démontré que les patients atteints d’un cancer dépistés pour la dépression s’adaptaient mieux psychologiquement que les patients non dépistés.

Cette observation amène M. Thombs et ses collègues à lancer un message de prudence au milieu médical.

«Le dépistage de la dépression peut apparaître comme une solution évidente, mais il n’y a pas de preuve que cela fonctionne chez les personnes atteintes de cancer et il y a plusieurs raisons de croire qu’il pourrait causer plus de tort que de bien», a commenté M.Thobbs, qui qualifie cette recommandation de mauvaise idée.

Selon les chercheurs, le dépistage peut entraîner plusieurs préjudices potentiels, notamment:

–       l’étiquetage non justifié de patients comme déprimés;

–       l’utilisation inadéquate de médicaments antidépresseurs;

–       ou leur prescription sans un suivi continu adéquat.

Ils craignent aussi que certains des antidépresseurs les plus prescrits ne diminuent les effets de certains médicaments oncologiques, incluant le Tamoxifène, utilisé dans le traitement du cancer du sein.

«Fournir simplement des questionnaires portant sur la dépression aux patients n’améliorera pas leur capacité à s’adapter au cancer», a pour sa part averti le coauteur de l’étude, James C. Coyne, directeur du Programme d’oncologie comportementale du Centre du cancer Abramson de l’Université de la Pennsylvanie.

[Source: Actualité médicale/Profession Santé]

L’article original est disponible à cette adresse:  http://www.plosone.org/article/info%3Adoi%2F10.1371%2Fjournal.pone.0027181

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